Vente aux enchères des terres indigènes

Un article de Jenny Joussemet - 22 novembre 2010 : Il y a quelques mois, j'évoquais ici le projet d'oléoduc de Perenco au nord de l'Amazonie péruvienne, territoire habité par des Indiens isolés. Aujourd'hui, une cinquantaine d'ONG parmi lesquelles la FIDH, Survival International, France Libertés ou encore Amazon Watch ont adressé une lettre à Perenco, Repsol-YPF et ConocoPhillips afin de demander le retrait immédiat des compagnies pétrolières de cette région.

Une forêt divisée en petits carrés miniers et pétroliers
Au Pérou, le boom pétrolier a ouvert plus de 70% de la forêt amazonienne aux compagnies pétrolières et gazières, menaçant ainsi les peuples qui vivent sur ces terres dans un isolement volontaire.

La carte du Pérou se divise désormais en concessions, petits carrés miniers et pétroliers ignorant les populations locales et la riche biodiversité de la région.

En octobre dernier, une vente aux enchères de champs pétroliers a ainsi été organisée, attribuant quatorze nouvelles concessions de prospection à des compagnies étrangères. Cette initiative a bien sur été vivement critiquée par les organisations indigènes péruviennes qui disent ne pas avoir été consultées avant que leurs terres ne soient "bradées".

Perenco occupe à présent une superficie de plus de 100.000 hectares où la compagnie projette de construire un oléoduc de plus de 200 km de long. Repsol-YPF et son partenaire ConocoPhillips ont de leur côté émis le souhait de se greffer à ce projet demandant l'autorisation d'implanter plus de 454 km de lignes sismiques et de construire 152 héliports.

Des Indiens vulnérables à tout contact avec l'extérieur

Mais d'après des expertises anthropologiques, cette région d'Amazonie péruvienne est habitée par au moins deux groupes d'Indiens isolés vulnérables à tout contact avec le monde extérieur. Or, malgré ces preuves irréfutables, la compagnie Perenco continue de nier l'existence de ces peuples sur ces terres et poursuit son projet au détriment du respect des droits humains.

Les ONG signataires de la lettre émettent ainsi de sérieuses craintes quant au risque de maladies transmises à ces Indiens en raison de leur faible résistante immunitaire.

Elles évoquent également un risque de conflit non négligeable entre les ouvriers de ces projets et les indigènes farouchement opposés à toute présence indésirable sur leurs terres.

Suite à une plainte déposée par l'AIDESEP (l'Organisation des Indiens d'Amazonie péruvienne), la Cour constitutionnelle péruvienne a déjà ordonné au gouvernement d'améliorer son processus de consultation des communautés indigènes. - Source